Le Classicisme
des modernes :
représentations
de l’âge classique au XXe siècle.
Colloque international organisé par
En collaboration avec le Centre d’étude ESR17-18 de
Versailles-Saint-Quentin, le Centre d’Etude sur la Langue et la
Littérature des XVIIe et XVIIIe siècles (CELLF17-18, Paris-Sorbonne-CNRS
UMR8599), l’Institut Universitaire de France et la Société d’Etude du
XVIIème siècle.
Les 20 et 21 mai 2005 (Reid Hall –Columbia
University à Paris– et Bibliothèque Municipale de Versailles)
Nous voudrions, à l’occasion de ce colloque, analyser et
mettre en perspective les diverses représentations du classicisme français qui
se sont développées en France et aux Etats-Unis tout au long du XXème siècle.
Qu’est-ce que le classicisme ? Comment l’identifier ? De
quelles valeurs est-il porteur ? A quelle distance le situer des enjeux de
notre propre époque ? Pareilles interrogations n’ont cessé de trouver de
multiples échos non seulement dans le domaine de la critique littéraire, mais
aussi dans ceux de l’histoire de l’art, de la théorie esthétique, de la
philosophie. Le recul semble désormais suffisant pour réinscrire ces points de
vue successifs des « modernes » du XXème siècle sur les « classiques » du
XVIIème dans une histoire dont on voudrait esquisser les lignes de force. A
bien des égards, l’opposition modernité/classicisme, qui traverse une part
importante du discours critique du XXème siècle, peut sembler aujourd’hui
artificielle et peu rigoureuse historiquement. Il serait cependant assez naïf
de s’en tenir à stigmatiser les présupposés d’une modernité en quête d’elle-même
sur les classiques comme autant de projections abusives et de constructions
fallacieuses — qu’il s’agirait de défaire une fois pour toutes, au nom d’une
vérité qui serait celle du “Siècle de Louis XIV” ressaisi en l’un de ses
moments les plus éclatants. Il importe aussi de mesurer la fécondité des effets
que ces élaborations ont pu avoir tant sur les œuvres littéraires et
artistiques que sur la théorie de la littérature et la pensée esthétique du
siècle qui vient de s’achever. L’un des principaux enjeux de cette enquête
collective sera de réinscrire ces représentations modernes du classicisme dans
l’histoire complexe qui conduit de Valéry et de Gide à Calvino, de Ponge à
Quignard, en passant par Paulhan, Blanchot, Foucault, Barthes, Marin et bien
d’autres. Autre dimension, plus spécifique, de ce projet : faire retour sur un
moment important des échanges intellectuels entre France et Etats-Unis ; moment
particulièrement intense où une certaine pensée française, structuraliste et
post-structuraliste, a joué le rôle que l’on sait. Or si certains de ses
représentants les plus illustres ont contribué à diffuser, à la faveur
d’une « critical theory » en plein essor, des modèles nouveaux pour
penser le classicisme, la « représentation classique », l’
« epistémè classique », l’ « écriture classique »
etc., ces élaborations n’ont sans doute pas eu, en France et outre Atlantique,
le même statut et les mêmes effets.
Versailles-New-York : entre ce lieu de mémoire par
excellence de l’Ancien Régime–qui, pour un très large public, en France et aux
Etats-Unis, continue de symboliser tout un ensemble de traditions liées à
l’idée de classicisme–et ce lieu d’expérimentation hors pair pour la modernité
du siècle passé, nous voudrions nouer un dialogue fécond autour de l’objet
« classicisme », favorisé par l’organisation bipolaire du colloque
(qui aura lieu à Reid Hall, au siège de Columbia University in Paris, puis dans
la Salle de France – Galerie des Ambassadeurs – de la Bibliothèque municipale
de Versailles, où a été préparé le traité reconnaissant l’indépendance
américaine, le 3 septembre 1783). Nous solliciterons à cette fin des chercheurs
venus d’horizons différents et des disciplines trop souvent séparées, mais,
pour pareille enquête, inséparables : histoire littéraire, théorie esthétique,
histoire des idées, philosophie, littérature comparée, sciences
politiques, histoire générale...