Ibn Batuta, Voyages d'Ibn Batoutah (Vol. 2)

(Paris :  Imprimerie Nationale,  1874-1879.)

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II                           AVERTISSEMENT.

que, contrairement à ce que dit notre voyageur (p. 65),
l'émir Mahmoud chah Indjoû, qu'Ibn Batoutah appelle
Mohammed, ne mourut pas sous le règne du sultan
Abou Sa'îd : ii fut mis à mort par Arpâ khân, successeur
de ce prince. (Voyez Mirkhond, t. V, manuscrit persan de
la Bibliothèque impériale, fonds Gentil, n" 55, fol. i 18
recto; et cf. d'Ohsson, op. supra laud. t. IV, p. 72 1.)

Après avoir visité à Cazéroûn le mausolée du cheïkh
Abou Ishâk, notre auteiœ rentra dans l'Irak par la cé¬
lèbre ville de Coîifah, d'où il se rendit à Hillah, située
près de l'emplacement de Babyione, et dont toute la
population était composée de sectateurs des douze
imâms; puis à Kerbélâ, où repose le corps du troisième
imam; enfin, il arriva à Baghdâd, qui était alors la ré¬
sidence d'un simple émir mongol. Cette ancienne capi¬
tale des khalifes arrête longtemps Ibn Batoutah; il en
décrit complaisamment les collèges, les mosquées, les
mausolées, les bains, et elle lui fournit le sujet d'une
intéressante digression historique, consacrée au sultan
des Mongols de la Perse alors régnant, Abou Sa'îd
Béhâdur khân. Ibn Batoutah quitte Baghdâd avec le
camp du sultan; puis il fait une excursion à Tibrîz ou
Tauris; mais ce double voyage, qui dura cependant vingt
jours, ne lui a laissé d'autre souvenir que celui de l'ordre
qui était observé par le souverain mongol dans ses mar¬
ches et ses campements.

Le pèlerinage que notre auteur avait fait à la Mecque
i n'avait pas suffi à satisfaire l'active dévotion d'un aussi
pieux musulman et d'un aussi infatigable voyageur : il
résolut donc de retourner dans le Hidjâz; mais pour
mettre à profit le temps qui devait encore s'écouler
avant le départ de la caravane de Baghdâd, il visita le
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