Moser, Henri, À travers l'Asie Centrale

(Paris :  E. Plon, Nourrit ...,  1886.)

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A TRAVERS
 

L'ASIE   CENTRALE
 

CHAPITRE   PREMIER
 

INTRODUCTION
 

Orenbour(î. — Une hôtellerie sur les confins de la steppe. — Le zalíouska. — xlnticliambres
officielles. — Préparatifs de départ. — Le tarantasse. — Le général Tclierníaeff. — Mes pre-
miéres expéditions.
 

C'est au mois de septembre 1883 ; le ciel d'Orenbourg est lourd, le soleil
implacable de FOrient perce avec peine ratmosphére, saturée d'une pous-
siére que le vent de la steppe abat sur la ville qu'enveloppela teinte grise
et mélancolique particuliére aux déserts de TAsie.

La place principale d'Orenbourg, si vaste et si poudreuse, paraît encore
plus grande par suite de rexiguîté des maisons á un seul étage qui Fentou-
rent. L^es habitations de raristocratie, couvertes en tôle verte, se recon-
naissent infailliblement aux deux lions couchés á droite et á gauche de
rescaUer d'entrée; ces lions offrent d'ailleurs plus de ressemblance avec
le quadrupéde le moins noble de la création qu'avec le roi des animaux
que le pauvre sculpteur de province a voulu figurer. Les abords de riiôtel
d'Europe sont encombrés par une cohue bigarrée, parlant et gesticulant
avecanimation. Ge sont des Kirghiz, des Tatares bavards, des Sartes coiffés
de turbans, et enfin des Cosaques et des moujiks russes, qui se distinguent
entre   tous   ces   curieux,   sinon  par   la richesse  de leurs  costumes,   du

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