Moser, Henri, À travers l'Asie Centrale

(Paris :  E. Plon, Nourrit ...,  1886.)

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CHAPITRE   VII
 

DE  BOUKHABA  A   L'AMOU-DABIA.
 

Adieux â l'ambassade. — SeuL — Nouveaux compagnons. — Gomment voyage I'hôte de rÉmir.

—  Ensablement de la province de Karakoul. — Approche de l'hiver. — Les sables. — Gourse
au chevreau. — Toursoum victorieux. — L'Amou-Daria. — Députations et dastarkhans. —
Béception a Tchardjouí; on y est bien gardé. — Audience du Tioura-djann. — Succês photo-
graphiques. — Gadeaux princiers. — Tazis et faucons. — Impossibilité d'aller á Merv. —
Dih-naou. — La peur des alamanes. — Autre pays, autre musique. — Inspection. — Il-Djik.

—  Le Beg grincheux. — Mesures de rigueur. — Embarquement.
 

Le 6 novembre, par une belle et froide matinée d'hiver, j'ai quitté les
murs de Boukhara. Mes adieux á notre cher ambassadeur et á tous ses
aimables compagnons ont été d'rme tristesse rautuellc On ne vit pas en
vain des raois enserablc « Au revoir, en Suisseî » ra'a crié de loin le
princc Puisse-t-il en étre ainsi!

En partant, I'Erair m'a donné une derniére marque de sympathie en
m'envoyant I'inak et son confident Hadji-Ourak pour me souhaiter un bon
voyage et me pre'senter mon nouveau mehraandar (maréchal des logis
officiel), le mirza Mohammed-AIi, qui est chargé de m'accorapagner jus-
qu'â Tchardjoui.

J'ai devant raoi la carapagne si vivante des environs de Boukhara;
les « kichlaks » (villages) se suivent, les routes sont animées par des cava-
liers, des arbas et de longues files de chameaux qui apportent chaque
jour á la grande ville ce dont elle a besoin. Quelle différence avec le
voyage précédent! Cette fois, je suis seul au milieu de gens qui, par de-
voir religieux, me haissent, et que la crainte seule de I'Émir force á me
respecter.

Seul! voilá le sentiment qui m'envahit; derriére moi, la civihsation, des
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