CHAPITRE XIV
DE BOUDJNOUBD A TÉHÉBAN.
Aventure de Firouzé. — Une bourrasque dans les défilés kourdes. — Nuit d'angoisse. — Sauvés!
— Le mollali de Hassor-Kala. — Les derniers défilés de I'Ala-Dagli. — La plaine, le prin-
teinps. — Iraniens et Iraniennes. — Colonel, je voudrais me marierî — Mariages a terme. —
Héroisme des soldats persans. — Ni Ourousse, ni Ingli. — Béception peu sympatliique. —
Autre exploit de Cliébane. — L'ancienne Djadjerm. — Opium et hacbicb. — Moliammed-
Kban, gouverneur de Cliakbroud. — L'Arménien, le Juif de rOrient. — L'amour conjugal de
mon cuisinier lui vaut une bastonnade. — En Perse on acbéte la femme, au Frengliistan le
mnri. — Les caravanséraVs. — FunéraiUes d'un prince persan. — Malade et abandonné.
Le 31 janvier, ma caravane quitte les murs de Boudjnourd, en prenant,
á travers le plateau, la direction du sud vers les pics de I'AIa-Dagh, qui se
dressent å I'horizon, couronnés d'un diadéme éternelleraent blanc. Mes
Turcoraans ont e'te' reraplace's par « AIi-Mohararaed-Ogli » , le nouveau
serdar kourde, qui fait l'office de Mehmandar, et ses deux cavaliers. J'ai
engagé, en outre, un palefrenier kourde et un cuisinier, ce qui porte mon
effectif á onze cavahers, six raules et deux tcharvodars (rauletiers).
Au bout d'un akhatch et denii ^ nous arrivons á Firouzé, joh petit vil-
lage fortifié, dans le fond d'un ravin aniraé par un ruisseau qui arrose le
haut plateau de Boudjnourd. Le ciel gris, des rafales de neige qui nous
obscurcissent la vue, rendent I'ascension pénible. Ghébane déclare que
deux mulets n'avancent plus, et deraande á en réquisitlonner d'autres dans
le viUage. Pendant que nous nous restaurons frugalement, abrités sous un
rocher, il arrive, traînant á la reraorque le chef du vUlage, qui jure ne
plus avoir un seul raulet disponible.
« Veux-tu ra'en procurer de bon gre'? lui dis-je; je te les paye d'avance;
^ L'akKatcli mesure environ neuf kilomêtres.
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