Rouillard, Eugène, Noms géographiques de la province de Québec et des provinces maritimes empruntés aux langues sauvages

(Québec :  E. Marcotte, imprimeur et relieur,  1906.)

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rendre les mots «anthropophage, cannibale, anthropophagie, can¬
nibalisme». De cette manière, Windigo, être un windigo, cela
équivaut à dire être un anthropophage, ou encore une sorte de
croquemitaine.

Une légende, chère aux jongleurs sauvages et qui est respectée
des Têtes de Boule du Saint-Maurice veut que le Windigo, espèce
de demi-diable, ait réservé cette rivière pour son usage exclusif,
et qu'il y fasse au plus fort des ouragans une chasse fantasma¬
gorique. Voilà pourquoi les sauvages ne fréquentent point la
rivière Windigo.

Winnewash, (algonquin).—Rivière coulant sur le territoire
de rOttawa.

Winiwaja (algonquin), « il y a une baie sale » ; rivière à la
baie sale.    (R. P. Lemoine.)

Winnipeg, (cris).— Capitale de la province du Manitoba.

Située à la jonction des rivières Assiniboine et Rouge, à 1424
milles de Montréal, par le chemin de fer du Pacifique Canadien.
C'est aussi le nom d'un lac et d'une rivière de la même province.

Ce mot, d'après M^^ Laflèche, viendrait de win, «sale» et de
uipî, «eau», soit «eau sale».

Nous avons la même traduction dans l'idiome algonquin.

Witetnagami.—Lac dans le territoire de la baie d'Hudson.

M. H. O'Sullivan, arpenteur, qui a exploré en 1895 le bassin
de la baie d'Hudson, rapporte que d'après les sauvages de la
région, Witetnagami est un nom qui s'applique quelquefois au
mauvais Esprit.
 

Yamachiche, (algonquin). -Nom d'une grande paroisse dans
le comté de Saint-Maurice, à 15 milles de Trois-Rivières et à 77
milles à l'est de Montréal.

Mot algonquin qui voudrait dire, d'après M. l'Abbé N. Caron,*
rivière vaseuse.

Selon une autre version, ce mot signifierait: «Là où il y a de
petits joncs».
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