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stnodactylographes Du lundi matin au samedi soir quatre fois par jour y passent Le matin par trois fois la sirne y gmit Une cloche rageuse y aboie vers midi Les inscriptions des enseignes et des murailles Les plaques les avis la faon des perroquets criaillent J'aime la grce de cette rue industrielle Situe Paris entre la rue Aumont-Thiville et l'avenue des Ternes Voil la jeune rue et tu n'es encore qu'un petit enfant Ta mre ne t'habille que de bleu et de blanc Tu es trs pieux et avec le plus ancien de tes camarades Ren Dalize Vous n'aimez rien tant que les pompes de l'glise Il est neuf heures le gaz est baiss tout bleu vous sortez du dortoir en cachette Vous priez toute la nuit dans la chapelle du collge Tandis qu'ternelle et adorable profondeur amthyste Tourne jamais la flamboyante gloire du Christ C'est le beau lys que tous nous cultivons C'est la torche aux cheveux roux que n'teint pas le vent C'est le fils ple et vermeil de la douloureuse mre C'est l'arbre toujours touffu de toutes les prires C'est la double potence de l'honneur et de l'ternit C'est l'toile six branches C'est Dieu qui meurt le vendredi et ressuscite le dimanche C'est le Christ qui monte au ciel mieux que les aviateurs Il dtient le record du monde pour la hauteur Pupille Christ de l'oeil Vingtime pupille des sicles il sait y faire Et chang en oiseau ce sicle comme Jsus monte dans l'air Les diables dans les abmes lvent la tte pour le regarder Ils disent qu'il imite Simon Mage en Jude Ils crient s'il sait voler qu'on l'appelle voleur Les anges voltigent autour du joli voltigeur Icare noch lie Apollonius de Thyane Flottent autour du premier aroplane Ils s'cartent parfois pour laisser passer ceux qui portent la Sainte-Eucharistie Ces prtres qui montent ternellement en levant l'hostie L'avion se pose enfin sans refermer les ailes Le ciel s'emplit alors de millions d'hirondelles tire d'aile viennent les corbeaux les faucons les hiboux D'Afrique arrivent les ibis les flamands les marabouts L'oiseau Roc clbr par les conteurs et les potes Plane tenant dans les serres le crne d'Adam la premire tte L'aigle fond de l'horizon en poussant un grand cri Et d'Amrique vient le petit colibri De Chine sont venus les pihis longs et souples Qui n'ont qu'une seule aile et volent par couples Puis voici la colombe esprit immacul Qu'escortent l'oiseau-lyre et le paon ocell Le phnix ce bcher qui soi-mme s'engendre Un instant voile tout de son ardente cendre Les sirnes laissant les prilleux dtroits Arrivent en chantant bellement toutes trois Et tous aigle phnix et pihis de la Chine Fraternisent avec la volante machine Maintenant tu marches dans Paris tout seul parmi la foule Des troupeaux d'autobus mugissants prs de toi roulent L'angoisse de l'amour te serre le gosier Comme si tu ne devais jamais plus tre aim Si tu vivais dans l'ancien temps tu entrerais dans un monastre Vous avez honte quand vous vous surprenez dire une prire Tu te moques de toi et comme le feu de l'Enfer ton rire ptille Les tincelles de ton rire dorent le fond de ta vie C'est un tableau pendu dans un sombre muse Et quelquefois tu vas le regarder de prs Aujourd'hui tu marches dans Paris les femmes sont ensanglantes C'tait et je voudrais ne pas m'en souvenir c'tait au dclin de la beaut Entoure de flammes ferventes Notre-Dame m'a regard Chartres Le sang de votre Sacr-Coeur m'a inond Montmartre Je suis malade d'our les paroles bienheureuses L'amour dont je souffre est une maladie honteuse Et l'image qui te possde te fait survivre dans l'insomnie et dans l'angoisse C'est toujours prs de toi cette image qui passe Maintenant tu es au bord de la Mditerrane Sous les citronniers qui sont en fleur toute l'anne Avec tes amis tu te promnes en barque L'un est Nissard il y a un Mentonasque et deux Turbiasques Nous regardons avec effroi les poulpes des profondeurs Et parmi les algues nagent les poissons images du Sauveur Tu es dans le jardin d'une auberge aux environs de Prague Tu te sens tout heureux une rose est sur la table Et tu observes au lieu d'crire ton conte en prose La ctoine qui dort dans le coeur de la rose pouvant tu te vois dessin dans les agates de Saint-Vit Tu tais triste mourir le jour o tu t'y vis Tu ressembles au Lazare affol par le jour Les aiguilles de l'horloge du quartier juif vont rebours Et tu recules aussi dans ta vie lentement En montant au Hradchin et le soir en coutant Dans les tavernes chanter des chansons tchques Te voici Marseille au milieu des pastques Te voici Coblence l'htel du Gant Te voici Rome assis sous un nflier du Japon Te voici Amsterdam avec une jeune fille que tu trouves belle et qui est laide Elle doit se marier avec un tudiant de Leyde On y loue des chambres en latin Cubicula locanda Je me souviens j'y ai pass trois jours et autant Gouda Tu es Paris chez le juge d'instruction Comme un criminel on te met en tat d'arrestation Tu as fait de douloureux et de joyeux voyages Avant de t'apercevoir du mensonge et de l'ge Tu as souffert de l'amour vingt et trente ans J'ai vcu comme un fou et j'ai perdu mon temps Tu n'oses plus regarder tes mains et tous moments je voudrais sangloter Sur toi sur celle que j'aime sur tout ce qui t'a pouvant Tu regardes les yeux pleins de larmes ces pauvres migrants Ils croient en Dieu ils prient les femmes allaitent les enfants Ils emplissent de leur odeur le hall de la gare Saint-Lazare Ils ont foi dans leur toile comme les rois-mages Ils esprent gagner de l'argent dans l'Argentine Et revenir dans leur pays aprs avoir fait fortune Une famille transporte un dredon rouge comme vous transportez votre coeur Cet dredon et nos rves sont aussi irrels Quelques-uns de ces migrants restent ici et se logent Rue des Rosiers ou rue des couffes dans des bouges Je les ai vu souvent le soir ils prennent l'air dans la rue Et se dplacent rarement comme les pices aux checs Il y a surtout des juifs leurs femmes portent perruque Elles restent assises exsangues au fond des boutiques Tu es debout devant le zinc d'un bar crapuleux Tu prends un caf deux sous parmi les malheureux Tu es la nuit dans un grand restaurant Ces femmes ne sont pas mchantes elles ont des soucis cependant Toutes mme la plus laide a fait souffrir son amant Elle est la fille d'un sergent de ville de Jersey Ses mains que je n'avais pas vues sont dures et gerces J'ai une piti immense pour les coutures de son ventre J'humilie maintenant une pauvre fille au rire horrible ma bouche Tu es seul le matin va venir Les laitiers font tinter leurs bidons dans les rues La nuit s'loigne ainsi qu'une belle Mtive C'est Ferdine la fausse ou La l'attentive Et tu bois cet alcool brlant comme ta vie Ta vie que tu bois comme une eau-de-vie Tu marches vers Auteuil tu veux aller chez toi pied Dormir parmi tes ftiches d'Ocanie et de Guine Ils sont des Christ d'une autre forme et d'une autre croyance Ce sont les Christ infrieurs des obscures esprances Adieu Adieu Soleil cou coup (&/py<x0mLC \ ( T 2 n  S  , n B2fYF,b/b%.oWOO"+rr"P[CySS=F KT0i; D !K!!!!"B"""":#x####.$7$e$n$$$$2%;%z%%%%&&A&|&&&&&&%'T']'''(T(](p(y((((/ =!"#$% [4@4NormalCJOJPJQJmH <A@<Default Paragraph Font$`      +T$$5GB (' OS!&((*+,-./() %6=OWX[\abfgijo#$)*/CFGMUZ[^ $%'(/7?@DEHIOVYZcdfglwz{~  -45@AK]`aghnrwx~  $'/BMRSX\bcghnos  "%.1<ABEFPQ[cimrv{ ')*./12;<?NS^`aefkos|%)19=>CDIMQRVZbfmu{|"(),-4:=>FZ_cghl~     3 8 9 = B G K S W a e m u z     % & ) * 1 2 4 5 9 L R V \ ] _ g l m r s x y } ~         ! * + 1 9 < = B C L M S W [ \ e m r s x y } ~    " # * / 6 7 D H O P X ` g {      ! 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