Rouillard, Eugène, Noms géographiques de la province de Québec et des provinces maritimes empruntés aux langues sauvages

(Québec :  E. Marcotte, imprimeur et relieur,  1906.)

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B
 

Bartibog, (micmac).—Rivière du comté de Northumberland,
dans le Nouveau-Brunswick, et nom d'un petit village du même
comté à 12 milles de Chatham, sur le chemin de fer Intercolonial.

Nebeltook, « rivière morte » ou peut-être ebeltook, « qui com¬
mande la vue»,    (Dictionnaire du D"" Rand.)

Baskatong, (algonquin).—Nom d'un lac et d'un canton dans
le territoire de l'Ottawa.

De l'algonquin obiskitawang, obaskitaong, « là où l'eau est
resserrée par le sable. »    (R. P. Lemoine.)

Même signification dans l'idiome cris.

Batiscan.—Chef-lieu du comté de Champlain, situé sur la
rivière Batiscan, à 57 milles de Québec, et nom d'une rivière qui
se jette dans le Saint-Laurent.

Ce nom a une origine fort ancienne. Champlain, en 1603,
mentionnait la rivière Batiscan, et l'historien Lescarbot la cite
parmi d'autres noms sauvages.

Dans l'idiome montagnais, pathiskan ou patiscan signifierait
« vapeur », « nuée légère ».

Le même mot, dit le R. P. Arnaud, signifie aussi « viande
sèche pulvérisée », « os broyés », qu'on fait bouillir ensuite pour
en retirer la graisse dont on compose le pémikan montagnais. *

Beauchene.—Lacs du territoire de l'Ottawa.

De Obashing, obadjiwang, (algonquin) : « là où l'eau se
resserre ».  La vue de ces lacs justifie ces noms.    (R. P. Lemoine).

Beauchene, d'après cette étymologie, serait donc un nom
sauvage que les premeirs colons auraient francisé.

Bedeque, (micmac).—village du Cap Breton, à la tête du petit
lac Bras d'Or, province de la Nouvelle-Ecosse.

Ebadèk, « place brûlante », d'après le rév. S. T. Rand. ^
 

(1)  Annales de la Propagation de la Foi, 1880.

(2)  Le rév.  S.  T. Rand est un pasteur protestant qui a vécu quelques
années au milieu des Micmacs.
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