Rouillard, Eugène, Noms géographiques de la province de Québec et des provinces maritimes empruntés aux langues sauvages

(Québec :  E. Marcotte, imprimeur et relieur,  1906.)

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— SS¬
II est aujourd'hui admis de tous que ce mot, d'origine sau¬
vage, signifie détroit, rétrécissement, c'est bouché, c'est obstrué.    Et
cette signification est la même dans les divers dialectes algonquins,
cris et micmacs. ^

Il est certain que cette traduction convient à la situation de
la ville, puisqu'à Québec, en effet, le fleuve se rétrécit et semble
bouché.

Quetachu, (montagnais).—Baie dans le comté du Saguenay.
S'orthographie   aussi   Quetachoo.    Ce   mot   signifie:   «il   se
décharge lui-même».
 

R
 

Richibouctou, (micmac). — Chef-lieu du comté de Kent,
Notiveau-Brunswick, sur le côté est du détroit de Northumberland.

Ce mot a la même origine que Bouctouche et veut dire «un
moyen bon havre».    (R. Ph. F. Bourgeois.)

M^^ Guay fait venir ce mot de Lichitouktouck qu'il rend ainsi :
«rivière qui entre dans le bois».

Les Anglais écrivent de préférence ce mot Richibucto.

Rimouski, (malécite ou micmac).—Chef-lieu du comté du
même nom, dans la province de Québec, situé sur la rive sud du
Saint-Laurent, à 180 milles en aval de Québec.

Dans la langue des Sauteux,Rimouski se décomposerait ainsi:
Animoush, «chien» et ki ou gi, «demeure». En changeant n en
r on aura Arimouski, ce maison du chien». (M^'' Laflèche et R. P.
LacoP'be.)

D'après le R, F. Pacifique, Rimouski serait un mot malécite,
(langue sœur du micmac) Lemosgig, qui se traduirait par « retraite
des chiens».

M^'' Guay croit que c'est un mot micmac, et estime qu'il peut
se traduire par «maison du chien», ce qui revient à la significa¬
tion particulière du mot malécite. ^
 

(1)  La prononciation française, Kebeky est exactement, dit le Dr Rand, celle
du miemac.

(2)   Chronique de Rimouski, par M. l'Abbé Chs Guay, 1873.
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